• Nous sommes le 6 mars, et nous sommes allés faire une balade en ski. Nous avons croisé plein de gens, qui de toute évidence profitent de ce dimanche après-midi, ensoleillé qui plus est, pour aller faire du ski aussi. Et ce qui est très surprenant (et très plaisant), c'est que tout le monde a le sourire jusqu'aux oreilles.

    Il y en a certains qui ont le sourire jusqu'aux oreilles quand ils vous croisent. Il y en a certains qui ont le sourire jusqu'aux oreilles quand ils vous regardent (ce qui au début, il faut bien l'avouer, donne des doutes sur ses propres aptitudes au ski de fond).

    Il y en a qui ont le sourire jusqu'aux oreilles avant de vous croiser, et ils vous donnent le sourire jusqu'aux oreilles.

    Il y en a qui ont le sourire jusqu'aux oreilles quand vous leur avez souri jusqu'aux oreilles, en les croisant.

    Il y en a qui ont le sourire jusqu'aux oreilles parce que vous leur avez laissé le passage sur la trace, et ceci concerne tout particulièrement les gentilles mamies suédoises, qui, ma foi, d'après les quelques expériences qu'on en a, sont des personnes très gentilles.

    Et puis il y en a qui ont le sourire jusqu'aux oreilles parce que ce sont de petits enfants qui se jettent dans la neige, et qui font mieux du ski que nous. Et parce qu'ils ont bien de la chance d'avoir été élevés dans ce pays.


    Il y en a qui ont le sourire jusqu'aux oreilles, tout le temps.


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  • Forêt, neige et soleil rasant
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  • Il m'arrive parfois, souvent même, de penser au nombre d'humains qu'il y a sur Terre. Cela ne vous arrive-t-il pas de vous sentir un peu dépassé, quand dans la rue, le bus ou le métro, vous croisez tant et tant de gens ? Tant de gens anonymes et tellement proches de nous physiquement ; mais tant de gens, néanmoins, que nous ne connaîtrons jamais. Je les regarde souvent, ces gens qui m'entourent. Je détaille leur visage, leur expression, leur habillement c'est tout ce qui transparaît de leur être. J'essaye de m'imaginer leur caractère, leur voix parfois. A quoi pensent-ils derrière leurs yeux dans le vague ? Où vont-ils et que vont-ils faire ? Qui aiment-ils, quelles sont les passions qui les font se lever le matin ?

    J'aimerais tous les connaître et tous les aimer.

    Mais ils partent, ils continuent leur mouvement, souvent sans m'avoir remarquée, ni moi ni les centaines d'autres autour. Ils poursuivent leur chemin de vie, tout comme je poursuis le mien. Ils ont une vie aussi remplie que la mienne, d'activités, de personnes et de sentiments. Et pourtant je ne peux les appréhender que comme des anonymes fugaces.

    C'est une pensée vertigineuse que de considérer le nombre d'êtres humains sur Terre. Si l'on imaginait que chaque personne est une page d'un livre, alors pour connaître toutes les personnes vivant à Vienne il faudrait lire un livre de quatre cent mille pages. Quatre cent mille pages ! Est-ce seulement possible en une seule vie, sachant que je pâlis devant des pavés quatre cents fois plus petits ? Et, évidemment, il faut beaucoup plus de temps pour connaître la vie d'une personne qu'il n'en faut à une page pour être lue. Et Vienne n'est pas une si grande ville que ça, juste une goutte d'eau dans l'océan de six milliards et demi d'habitants.

    De plus, est-on seulement capable, émotionnellement, d'accepter l'existence de tant de vies parallèles à la nôtre, d'une valeur égale à la nôtre, et pourtant sans aucun lien avec elle ?

    J'aimerais pouvoir toucher à toutes les réalités de mes frères et de mes sœurs, de mes voisins et de mes voisines, en un mot de tous mes colocaterres.


    Peinture par Jocelyne Chambellan


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  • Il neige à Paris


    Des trottoirs scintillants
    Dans le noir du matin
    Et des fleurs blanches et grises
    Au pied des arbres mutins

    Des trottoirs scintillants
    Sous le plomb de midi
    Et des miroirs brisés
    Sous leur manteau chantilly

    Des trottoirs scintillants
    Dans le soir qui s'émeut
    Et une pluie de plumes
    Vient s'accrocher à nos yeux.


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  • La mégapole

    À ceux pour qui le rire des mouettes
    N'évoque pas la mer.

    À ceux pour qui les branches aux arbres
    Ne portent pas de fruits.

    À ceux pour qui la masse d'hommes
    Ne comprend pas d'humains.

    À ceux pour qui le sol terrestre
    N'est pas source de vie.

    À ceux pour qui le rire des mouettes
    N'évoque pas la mer.

     

     

    Photo par Bertil M.


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