• ESTRAGON. - Allons-nous-en.
    VLADIMIR.  - On ne peut pas.
    ESTRAGON. - Pourquoi ?
    VLADIMIR.  - On attend Godot.
    ESTRAGON. - C'est vrai. Que faire ?





        De nombreuses fois, ce passage est répété dans la pièce, exprimant l'incompréhension désespérée des deux protagonistes, l'absurdité de la situation dans laquelle ils se trouvent (malgré eux ?), l'attente enfin, perpétuellement renouvelée, de ce rien porteur d'espoir et de changement incarné en la personne mystérieuse de Godot.


        « Je n'ai pas d'idées sur le théâtre. Je n'y connais rien. Je n'y vais pas. C'est admissible.
        Ce qui l'est sans doute moins, c'est d'abord, dans ces conditions, d'écrire une pièce, et ensuite, l'ayant fait, de ne pas avoir d'idées sur elle non plus.
        C'est malheureusement mon cas. »




        Citation de Samuel Beckett, l'auteur de En attendant Godot. Il a toujours réfuté son appartenance aux nouveaux courants qui virent le jour au XXème siècle. Pourtant, son œuvre est bel et bien originale. Linéaire sans être monotone, répétitive sans être lassante, elle captive le lecteur tout en le frustrant, en le laissant sur sa faim, tellement les échanges sont alambiqués, les répliques absurdes, les propos décousus. Le langage est réduit à sa plus simple fonction : remplir les silences - ce que s'ingénient à faire Vladimir et Estragon, sans paraître se comprendre ni en retirer quoi que ce soit.



        « Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s'il existe. Et je ne sais pas s'ils y croient ou non, les deux qui l'attendent.
        [...]
        Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d'en voir l'intérêt. Mais ce doit être possible. »



         Dérision et modestie. Même si la pièce époustoufle, capture, dérange.
        Qu'attendons-nous ? Comment l'arbre a-t-il pu fleurir en une nuit ? Qui sont ceux qui nous battent dans l'ombre ?
        Pourquoi ?

        « On attend Godot. »

    votre commentaire
  •  

    Ile aux fleurs
    envoyé par painteau


    votre commentaire
  • Y'a peut-être que moi que ça fait rire...
    Mais ce n'est pas grave ! Je ris quand même.
    (
    20Q.net
    )


    20Q a gagné!

    Vous pensiez à une pastèque.
    Cela a-t-il des feuilles? Vous avez dit Peut-être, Je dis Non.
    Y en a-t-il de nombreuses variétés différentes? Vous avez dit Oui, Je dis Douteux.
    Contradictions détectées
    Peu importe que vos réponses se contredisent, le jeu modifiera ses réponses en fonction de ses connaissances générales. Si vous estimez que le jeu se trompe, la seule manière d'y remédier est de rejouer.






    Objets Semblables
    un melon, un concombre, une citrouille, une courgette, une pomme, une cacahuète, une grappe de raisin, une poire (fruit), un cantaloup (melon), un pamplemousse, un ananas, une fraise.



    Connaissance inhabituelle à propos de une pastèque
    Est-ce d'un usage courant? Je dis Douteux.
    Est-ce très gros? Je dis Probablement.
    Peut-on le trouver dans de nombreux styles différents? Je dis Non.





    Vous avez gagné!

    Vous pensiez à une société.
    Peut-on l'acheter? Vous avez dit Non, Je dis Oui.
    Peut-on le contrôler? Vous avez dit Cela dépend, Je dis Oui.
    Peut-on l'utiliser dans des lieux très reculés? Vous avez dit Oui, Je dis Non.
    Cela fournit-il une protection? Vous avez dit Parfois, Je dis Non.
    Peut-on le fabriquer? Vous avez dit Douteux, Je dis Oui.
    Contradictions détectées [...]

    Objets Semblables
    des vacances, le temps, l'histoire, un fantasme, un anniversaire, une année, un calcul (mathématique), une journée, un rêve, un mois, une mitochondrie, un divorce.

    Connaissance inhabituelle à propos de une société
    Cela vit-il au-dessus du sol? Je dis Probablement.
    Peut-on fabriquer quelque chose avec? Je dis Probablement.
    Peut-on s'en servir pour communiquer? Je dis Oui.
    Cela tient-il sur deux pattes? Je dis Probablement.
    Cela a-t-il des pieds? Je dis Oui.
    Cela peut-il stocker des informations? Je dis Oui.



    20Q a posé trop de questions


    Vous pensiez à la vérité.
    Peut-on le trouver dans une église? Vous avez dit Non, Je dis Oui.
    Contradictions détectées [...]

    Objets Semblables
    un nom, le cyberespace, la vue, un mot, un concept (une idée), une philosophie, zéro (nombre), les maths, une question, une langue étrangère, un mot doux, la loi.

    Connaissance inhabituelle à propos de la vérité
    Peut-on le trouver dans de nombreux styles différents? Je dis Non.
    Peut-on le chasser? Je dis Probablement.
    Cela fournit-il une protection? Je dis Oui.
    Cela transpire-t-il? Je dis Oui.
    Est-ce une variété de fruit? Je dis Oui.
    Cela aime-t-il courir? Je dis Probablement.



    Vous avez gagné!

    Vous pensiez à la Bourse.

    Peut-on le contrôler? Vous avez dit Généralement, Je dis Non.
    Peut-on l'acheter? Vous avez dit En partie, Je dis Non.
    Est-ce d'un usage courant? Vous avez dit Cela dépend, Je dis Oui.
    Peut-on en devenir dépendant? Vous avez dit Non, Je dis Probablement.
    Serait-on perdu sans cela? Vous avez dit Non, Je dis Oui.
    Peut-on le voir dans la vraie vie? Vous avez dit Non, Je dis Oui.
    Est-ce symbolique? Vous avez dit Non, Je dis Oui.
    Contradictions détectées [...]









    Objets Semblables
    des vacances, une assurance, une action (valeur), un langage de programmation, un impôt, l'argon, pi (le nombre), un compte bancaire, une théorie, un régime, une matrice (calcul), de l'uranium.



    Connaissance inhabituelle à propos de la Bourse
    Est-ce fragile? Je dis Oui.
    Est-ce très gros? Je dis Oui.
    Cela peut-il changer de taille? Je dis Oui.
    Cela transpire-t-il? Je dis Oui.
    Cela peut-il biper? Je dis Probablement.
    Peut-on fabriquer quelque chose avec? Je dis Probablement.







    votre commentaire
  •     Entrée par je ne sais où. Tout un univers clos, dont les parois se resserrent, peu à peu. Elles semblent palpiter, se diriger lentement vers moi qui attends leur étreinte, le cœur battant, les yeux hermétiquement fermés. Noir total, nulle sortie. Nulle interstice, juste des formes molles et changeantes. Un tout fait de moi-même et de ces murs infranchissables. Je peine à bouger, tandis qu'autour le monde se meut constamment. Inconfortable.
        Aucun repos ; je suis soulevée régulièrement, ballottée parfois, enfermée toujours. Incapable du moindre acte individuel, si ce n'est attendre, écouter passivement et remuer mes extrémités pour éviter qu'elles ne s'ankylosent. Attendre, longtemps.

        Le temps, marqué par cet entêtant rythme binaire qui résonne jusque dans ma poitrine. Le temps, ponctué de gargouillis dont je préfère ignorer l'origine, de sons étouffés qui me semblent appartenir à une dimension supérieure. Une seule idée au final : attendre, encore et toujours, dans cette prison dont j'ai même oublié l'existence.

        Mais voilà que les conditions se durcissent. J'éprouve toutes les peines du monde à rester éveillée ; mon corps s'endort, puis s'endolorit. Mes paupières, incessamment scellées, sont d'une lourdeur effroyable ; chacun de mes gestes me coûte, heurtant douloureusement la paroi distendue. Mes muscles protestent, mon cerveau crie famine. Le liquide m'entourant, dont bizarrement je n'avais pas conscience jusqu'à présent, se fait oppressant.
        Plus rien ne me parvient du lien qui m'enchaîne ici, bon gré mal gré. L'évidence s'impose : j'ai faim. La moindre parcelle de mon corps, la moindre cellule encore en vie réclame sa part de glucose et d'oxygène. J'entre périodiquement dans un état de transe, sujette à la fatigue puis au délire. Dans un de ces sursauts d'énergie, je comprends enfin. Non pas grâce à une hypothétique réflexion - je n'en suis plus capable. Mais grâce à cet instinct de survie martelant mon esprit accablé, cet instinct qui me pousse à trouver une issue.
        Bras qui se soulèvent en un dernier effort. Face à l'horreur du futur proche où la faim aura raison de moi.

        Je ne veux pas mourir. Je joue des pieds et des mains. Que j'aimerais détruire ces murs, assoiffée de vengeance envers le monde qui m'affame et m'asphyxie sournoisement. Violence. Les mouvements s'accélèrent sans que je ne puisse rien y changer. J'en profite pour ajouter mes maigres forces à l'ensemble, dans l'espoir illusoire d'écarter un peu ces limites fibreuses, trop proches, qui m'embrassent de leur mortelle épaisseur. Je ne veux pas mourir ! Faut-il se rendre à l'évidence ? Je suis perdue, je m'en rends compte ; ce monde m'aura finalement tuée. À quoi bon se révolter ?

        Ma tête trouve une anfractuosité. Puis un froid étrange, inconnu. Est-ce cela, la mort ? À moitié évanouie, tordue par la faim, je ne saisis même plus le cours des évènements. Convulsions, rejet. Je ne veux pas mourir... Soudain une vive douleur m'assaille ; mes yeux, mon nez, ma peau brûlent. C'est hurlante et violacée qu'enfin je découvre la paix. La sortie.











    votre commentaire
  •     Auteur prolifique de plusieurs séries très connue, Robin Hobb (de son vrai nom Margaret Lindholm) a pas mal changé de pseudonyme, mais enfin, c'est ainsi qu'on la perçoit maintenant.

        Le cycle de La Citadelle des ombres est un bijou de subtilité (ah, Subtil), de détail et de réalisme. Un monde entier y vit au rythme des guerres ou des quêtes désespérées de ceux qui sont las de la guerre. Un personnage y raconte son épopée : FitzChevalerie (emblème s'il en est). De son enfance jusqu'à sa retraite, partageant ses découvertes et ses erreurs, avec toujours une vraisemblance et une recherche de caractère et de style époustouflantes, on est transporté. Chaque personnage est une palette chamarrée, complexe et changeante ; chaque action est un scénario bien ficelé qui plonge à chaque fois un peu plus les protagonistes dans la fange la plus profonde. Et oui, Robin Hobb, j'adore le dire, a un don pour mettre ses héros dans la merde, pour les faire déprimer, commettre des erreurs, pour frustrer le lecteur. Très sympa !
        Quant à la suite, L'assassin royal bis en quelque sorte, je le trouve un peu de trop - mais on ne refuse jamais une aventure mettant en scène Fitz et le délicieux Fou. Même si l'aventure en question brise un peu le mythe des premiers tomes et frustre encore un peu plus le lecteur (parce que tout va mal, bien sûr).

        Et puis... Les Aventuriers de la mer. Un même monde, mais à des centaines de lieues de là, dans une autre civilisation (qui juge la première totalement arriérée... Là aussi le contraste est assez comique. L'auteur prend un recul saisissant par rapport à son oeuvre). Des personnages toujours aussi fouillés, soumis à des péripéties toujours aussi embêtantes et frustrantes, une vie politique toujours aussi cruellement réaliste, des défauts humains toujours énormes, peu exagérés hélas. Des bateaux pour compléter les dragons des autres tomes (choses fantastiques mais qu'on accepte avec beaucoup de naturel).

        Tous ces bouquins (une vingtaine en tout) valent vraiment le détour. Je vois difficilement comment en dire plus sans virer dans l'éloge inconditionnel et répétitif de Robin Hobb.

    1 commentaire